Histoire.

Histoire.
Coucou les p'tits loups. C'est pas un p'tit mort par ici ?
J'suis partie dans une histoire. J'sais pas trop où ca me menera, mais tant pis. Je tente, haha.


*

Jimmy s'arrêta là.
Il s'assit tranquillement sur le sol et attendit patiemment quelque chose ou peut-être même quelqu'un, tout en regardant la poignée de gosse jouer au ballon à quelques mètres de lui.
Un premier gamin shoota dans la balle jaune qui s'envola dans les airs loin, loin et retomba dans la décharge voisine. Une huée s'éleva du groupe de mômes jusqu'à ce que l'un d'entre eux se décide à la chercher.
Jimmy soupira. Il regarda la Décharge, cette immense montagne de ferraille et de détritus déposée là. Il s'attarda ensuite sur la cour où jouait les mômes. À sa gauche commençaient les ruelles, un peu plus loin, il entendait les klaxons des véhicules qui s'élançaient sur le boulevard. Plus loin derrière lui commençaient les rues malfamées où-il-ne-fallait-pas-trainer mais où ils traînaient malgré eux.
Le jeune garçon se laissa tomber sur le sol et regarda le vieil arbre qui pourrissait dans toute cette pollution depuis des années. Il se rappela alors son enfance, lorsqu'il grimpait le long de cet arbre gigantesque qui s'étendait jusqu'à la Décharge.
C'était ainsi à Valbor, on ne voyait pas le ciel, quand on n'avait pas d'argent. On vivait sous la plaque. Là où il était dangereux de vivre, là où l'air que l'on respirait était gorgée de toutes sortes de pollution, là où la vie était dure entre les différents problèmes sociaux, criminalité, chômage, pauvreté. Belle vie.

« Qu'est-ce que tu m'veux, Vale... »

Un petit garçon était venu s'asseoir à ses cotés. Vale regardait son grand frère de ses yeux pâles et ne répondit rien. Il devait avoir huit ans, à peine, et déjà il possédait les même traits fins et séduisants que son frère.
Jimmy sortit son paquet de cigarette de la poche arrière de son jean. Il en choisit une au hasard avant de la coincer entre ses lèvres. Avec son meilleur briquet il l'alluma, inspirant une première fois sur le tube de tabac. Il sentit la fumée venir jusqu'à ses poumons les gorgeant de ce souffle abominablement plaisant, en passant par sa trachée, lui brûlant la gorge de cette manière qu'il aimait tant. Comment se passer d'une minute de bonheur pareille ? Jimmy recracha la fumée qui se perdit en un mince nuage blanc dans les airs. Et il recommença, une seconde fois, même processus même petit plaisir. Et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il put observer des cendres se former au bout de la cigarette.

Soudain, il croisa le regard peineux de son frère. Ses prunelles suppliantes qu'il ne supportait pas. Il détestait lorsque ce gosse de huit ans - huit ans de moins que lui, bon sang – le sermonnait inconsciemment.
Il n'aimait pas cela car il voyait bien alors, dans cette pupille tremblante que les douleurs qui le prenaient souvent à la poitrine et ses quintes de toux n'étaient pas le fruit du hasard. Encore moins une illusion.

« Retourne jouer avec tes copains. »

Vale, sans se faire prier, se précipita comme un éclair sur la troupe d'enfants qui avait désormais récupéré le ballon. Jimmy regarda sa montre, 15 heures déjà.
Soudain, il entendit une voix l'appelant du fond de la rue. C'était Wendy qui montait la rue de sa démarche gauche, titubante. Ses longs cheveux noirs s'ébouriffèrent lorsqu'un vent passa. Arrivant à la hauteur de Jimmy, ce dernier remarqua que ses yeux verts étaient couvert d'une ombre noir et qu'ils étaient étrangement cernés. Ses joues et son fin nez avaient également prit une teinte rosée.

« _Tu tires une de ces gueule... » Marmonna t-il, alors que Wendy se mit à rire de cette manière enjouée qu'il lui connaissait. Joyeuse. Et pourtant.

_ J'ai la gueule de bois. Ce matin encore, j'étais en train de décuver sur le bitume de Qintreux. »
Elle rigola encore, mais Jimmy ne répondit pas. Il détestait lorsqu'elle parlait de ça. Qintreux était l'un des pires quartiers de Valbor, le territoire pauvre. Et il savait, malheureusement. Il savait bien ce qu'elle y faisait jusqu'à l'aube.

« _Le vieux d'hier m'a fait boire un d'ces trucks... Je préfère même pas savoir ce qu'il y avait dedans !
_Arrête... »


Et mieux vaut en rire qu'en pleurer, parait-il.
Jimmy tira une dernière fois sur sa cigarette avant de la jeter à ses cotés, finie. Il croisa les yeux verts de Wendy qui fit la moue, et tourna la tête. Il n'avait pas envie de ce tête à tête avec la réalité qu'il croisait dans ses émeraudes. Trop sales, à son goût.

Wendy avait toujours eu ce faible pour Jim. Toujours. Depuis cette première année quand ils s'étaient connus, à peine sept ans, ils avaient. Jusqu'à ce jour. C'était un peu comme ce petit sentiment parfois si douloureux soit-il, qu'elle aimait préserver pour lui. C'était agréable, oui. Agréable de voir son c½ur se serrer lorsque Jimmy lui répondait méchamment. Lorsqu'il n'osait pas la regarder dans les yeux. Lorsque... Lorsque... Lorsqu'il était lui.

« On y va ? Matt nous rejoindra directement là-bas ! » Proposa Wendy.

Jimmy acquiesça d'un signe de tête avant de se laisser prendre la main par Wendy. Ils grimpèrent les branches du grand arbre sans aucun problème, tant ils y étaient habitués. Tant ils le connaissaient bien. Ils traversèrent la grande décharge qui s'étendait à perte de vue. Ils enjambèrent la ferraille qui faisait de grandes collines, les toits de voitures qui se trouvaient ça et là entre les débris. Parfois, Wendy faisait mine de tomber sur Jim pour le sentir collé contre elle. Lui soupirait et la poussait doucement du bras, tandis qu'elle partait dans un fou rire sans fin.
Enfin dans la descente d'une colline, là entre deux roues, un capot de voiture et un bloc de fer dont on ne connaissait pas trop la nature, il y avait ce trou où ils s'engouffrèrent, doucement. Ils savaient qu'en manquant de précision ils pourraient louper la puissante branche qui les amenait plus profondément dans Bermerey – quartier 4 de Valbor, à coté de Quintreux - dans la Forêt Clandestine, où était construite la Liberté. Ou leur « Cachette Secrète », comme l'appelait Wendy.

La Liberté n'était pas une simple cabane en bois. Tout d'abord, elle était construite en hauteur, entre les arbres de la Forêt Clandestine, – ce qui accentuait tout de son mystère – l'unique forêt de tout Valbor qui n'avait pas encore été détruit au profit de l'État. La Liberté tenait au beau milieu des arbres, un peu comme par magie, depuis bien des années. En la voyant pour la première fois, Jim, Wendy et Matt s'étaient dit qu'il valait mieux être très prudent pour ne pas qu'elle s'écroule en entrant tout les trois à l'intérieur. Et en fait, après avoir vécu bien des vies dans la Liberté, ils avaient compris qu'ils pourraient tout faire à l'intérieur, sans jamais qu'elle ne s'effondre.

La Cachette Secrète était plutôt grande pour une cabane. Elle faisait deux étages, celui du haut, séparé en trois compartiments – très étroits bien sûr, juste assez de place pour y déposer un matelas – et celui du bas qui était ouvert à tous. Colorés, décorés, à tout les goûts, à tout les âges, à toutes les vies.

Et puis, ce qui faisait la magie de la Liberté, c'était surtout son nom... Ah, quel nom ! Liberté. Ca sonnait comme le bruit de l'espoir, du rêve, l'utopie. Ils l'avaient choisi sans trop s'en rendre compte, ce nom. C'était juste le jour où ils avaient compris que c'était leur unique et véritable maison, mine de rien, la Liberté. Et ils l'aimaient. Oui, ils l'aimaient.

Ils ne l'avaient jamais abandonnée, cette cabane en bois. Ils s'étaient juste dit que sa magie ne devait pas être abusée. Ils ne passaient pas leurs journées à l'intérieur, loin de là. Mais lorsqu'ils le pouvaient, ils se rejoignaient tout les trois à l'intérieur. Ils inspectaient son état, remettaient en place un clou qui aurait pu partir, ponçaient une planche qui aurait pu s'abîmer, repassaient la peinture qui aurait pu s'écailler. Et quand ce doux travail était fin terminé, ils se mettaient à leurs aises sur les canapés, ou bien à même le sol et ils se racontaient des histoires. Leurs histoires.

C'était un peu comme un rêve, la Liberté. Un rêve qu'on ne voulait pas finir, on ne voulait pas se réveiller à revenir à la rue pour voir la réalité en face. Instant exquis de délivrance. Le bonheur.
Oui, c'était ça. Le bonheur.
Et mine de rien, c'était ce dont ils avaient besoin, du bonheur, ces jeunes malheureux.



Pao.
Image de : xLilJazzy

# Posté le lundi 16 juillet 2007 18:11

Modifié le lundi 16 juillet 2007 18:23

Mémoire d'une espérance.

Mémoire d'une espérance.
Les gens marchent le long de l'eau, et je plonge mon visage dans le vent qui tourne au dessus de la mer. Le grand pont suspendu ne faibli pas sous le poids des centaines de pas qui le parcourent, et garde son allure silencieusement impériale, force tendue, immobile et rassurante. Je lève les yeux vers le ciel gris et accroche mon regard aux longues silhouettes des nuages au dessus de moi. Les mains dans les poches de mon manteau, j'attends presque avec impatience la pluie qu'ils me promettent.
Je caresse ma joue, doucement, et m'installe sur un banc en face de l'eau, là où, dans notre jeunesse, nous cueillions les couchers de soleils avec le c½ur, en nous contant sans cesse le jour où il ne reviendrait pas.
Les souvenirs me traversent, me submergent, et j'observe, penseur, ma montre qui continue lentement de m'indiquer le temps qui passe. Je ne sais pas si je le maudis ou si je le bénis. Les deux à la fois sûrement, parce que dans ce monde rien n'est vraiment simple.
Les choses auraient peut-être pu se passer autrement. Pourtant, je n'arrive pas à me dire que ça aurait pu être mieux. Simplement qu'on ne peut pas savoir à l'avance. Des serments se font, des rêves s'imaginent et bientôt tout s'envole, parce qu'on grandit, peut-être un peu trop vite. Je ne sais pas ce que tu penserais de moi, aujourd'hui, si tu me voyais ainsi, calme et serein, à dévisager la mer comme on contemple une femme. Si tu entendais mes réflexions, si tu partageais mes songes à l'instant où je les formule au fond de moi, tu te moquerais certainement, avec tendresse, le sourire que tu ne quittais jamais aux lèvres et les yeux brillants. Si tu me voyais ici, ce long manteau noir sur le dos et une écharpe autour du cou, grand et droit comme tu ne m'as jamais connu, tu me dirais en riant qu'une femme semble m'avoir finalement capturé dans ses filets, pour m'imposer ses goûts et ce sérieux qui ne me ressemble pas. Moi qui, pendant toutes ces années auprès de toi, n'écoutais que ma propre loi, vêtu de jean trop grand et de pulls toujours si colorés, je ne supporte à présent plus que le sombre et le doux, et colle à mes traits graves cette monotonie apaisante.

« Je savais bien qu'une d'entre elle te mettrais le grappin dessus ! »

C'est ce que tu dirais, Jaimie, n'est ce pas ?

Pourtant rien de tout ça n'est vrai, et c'est en pensant à nous deux que mon assagissement devient évident. Si seulement tu n'étais pas partit, j'aurais continué à vivre plus fort que n'importe qui. J'aurais évité ces habitudes qui nous répugnaient, et toi et moi nous aurions certifié que rien ni personne ne pouvait nous atteindre, pas même cette lassitude assommante, pas même cette envie de mettre sa vie sur pause. Je suis devenu aveugle de ces horizons séduisantes que nous aurions dû visiter ensemble.
Mais tu ne sais pas, toi, que je souffre encore et que c'est peut-être ça qui me sauve. Si seulement je pouvais te dire que tu sauras un jour ce que je ressens aujourd'hui, quand l'ivresse des matins d'hiver glisse sur moi sans que mon c½ur n'y goûte, si tu pouvais t'asseoir auprès de moi, sur ce banc que tu connaissais autant que je le déteste à présent, et si je pouvais te parler de cet astre brûlant, qui se couche paresseusement et que j'ai oublié d'aimer, de ces gens qui m'entourent mais qui n'ont plus aucun intérêt ni aucune passion pour moi...
Je rêve parfois d'un instant qui ne viendra jamais, celui où ton poing me frappera et m'éveillera, où je pourrai m'échapper de ce mauvais rêve, un peu trop âpre, que je fais depuis trop longtemps. Il y a ces moments où, quand l'alcool et le parfum d'une femme me font oublier mon abandon, j'espère absurdement que toi et moi n'avons jamais cessé d'exister. Mais le réveil est si douloureux que je me permet de moins en moins cet espoir inutile.

Lorsque tu as disparu, il n'y eu pour moi aucune surprise. Je me suis résolu, Jaimie, bien avant que je réalise que tout de toi s'était effacé de cette ville. Tu t'es envolé, et impossible de te retrouver, même si je n'ai cherché que pour le geste et l'illusion, parce que je savais trop bien qu'il n'y avait aucune chance que je te revois. L'ai-je un jour espéré ? Je crois que je t'aimais trop pour briser ton rêve, même s'il m'était terriblement difficile d'admettre que tu l'avais fais sans moi et que tu l'avais réalisé sans ma compagnie.
À présent j'écris ces lignes sans savoir si tu les liras. J'ai cru en ce mot savoureux, le « toujours » traître que ni toi ni moi n'avions réussi à bannir de nos conversations, et c'est certainement ce qui nous faisait tenir, les deux. Maintenant je passe à côté de lui sans m'attarder, je crois même que je le fuis, et on me le reproche parfois. Depuis toi, je n'aime plus m'accrocher à l'éternité, puisque la notre fut la seule qui eu un sens pour moi.

Tu parcours le monde, aujourd'hui, du moins je l'espère, tu as changé de vie et de nom, au fond de toi il y a eu cette révolution dont tu me parlais sans cesse et je sais que même si les souvenirs restent au fond de toi ils sont enfermés là où tu ne peux pas les retrouver, de peur d'avoir un jour l'envie de reparaître. Cela fait sept ans que je ne vois ton visage que sur ces mêmes photos, et je tente parfois de t'imaginer tel que tu es maintenant, à l'aube de tes trente ans. Tu dois être beau, inévitablement plus beau que dans le passé, où tes traits n'avaient d'autre sculpteur que le vent marin et nos nuits blanches passées à écrire d'autres univers.
Je souhaite, plus que tout, que tu sois allé aussi loin que tu le voulais, que tu as fais ces voyages que tu t'étais promis. Tu as encore des années devant toi, et moi aussi, pourtant je te vois immortel alors que je me sais éphémère. Mais peut-être que cet idéal dont nous avons si souvent devisé m'est offert à moi aussi, et que je n'ai qu'un pas à faire pour le saisir. Je ne partirai pas, mes pieds continueront de fouler ce sol et mon corps occupera encore les bancs de cette ville. Mais il est temps que mon esprit trouve la sortie qu'il cherche depuis ton départ. Notre amitié, je la noue en bandoulière et l'accroche à mon c½ur, et crois moi, jamais elle ne s'échappera. En écrivant ces derniers mots, j'ai la certitude qu'il me faut avancer, et encore une fois c'est grâce à toi que je m'en sentirai capable.

Et j'ai une autre certitude : il n'est jamais trop tard pour vivre.


*


Lino.

# Posté le lundi 02 juillet 2007 14:40

"On va faire un jeu. Tu vois cette photo ? Maintenant tu me racontes une histoire, quelque chose qui se passe là, qui s'est passé là, qui se passera là, qui se passera peut-être là, qui ne se passera jamais là...N'importe quoi. " histoire pour Camille

"On va faire un jeu. Tu vois cette photo ? Maintenant tu me racontes une histoire, quelque chose qui se passe là, qui s'est passé là, qui se passera là, qui se passera peut-être là, qui ne se passera jamais là...N'importe quoi. "          histoire pour Camille
* parce qu'un jour, oui, on ira voir la mer ensemble.

*

J'aurai beau parcourir le monde de long en large et en diagonale, personne ne pourra dire qu'ici, je n'ai pas vécu.

C'était bien il y a 10 ans, à la fin ou au début de ma vie je sais plus, que je suis arrivé ici, avec ma valise, mon chapeau en paille et mes sourires tout neuf. Dès mon arrivée, mes pas ont résonné trop fort la décadence sur les pavés erratiques, et peu à peu les dos se sont tournés. Bien sûr on m'avait dit, que l'accueil était rarement bienveillant, que les étrangers n'étaient pas si bien acceptés. Mais j'avais 18 ans que voulez-vous que je fasse, la liberté c'est tout ce qui comptait à mes yeux et plus que jamais, j'étais déterminé à venir ici, qu'importe les objections, qu'importe le défi.
Les premiers temps, j'essayais de me familiariser peu à peu avec les coutumes, le climat, le paysage, la langue mais rien n'y faisait, le village continuait à me mettre à l'écart avec dédain et plus les jours passaient moins je supportais ce climat d'hostilité.
C'est alors que je me suis décidé à m'éloigner quelque temps du village, pas très loin, non, juste à quelques kilomètres non loin de là, dans les montagnes, la mer pour seule présence, et quelle présence !
Ainsi ils savaient que j'étais encore là, m'observaient au loin, me jugeaient et finiraient bien par m'accepter, j'essayais en tout cas de m'en convaincre.

La personne qui m'avait loué cette cabane m'avait proposé ses services pour m'aider à ramener de la nourriture jusqu'ici sans que j'aie besoin de me déplacer et j'avais accepté volontiers, créant ainsi mon premier contact avec la population du pays. Il s'appelait Jay et n'était ni jeune, ni vieux, et semblait pourtant avoir toute la vie marquée sur son visage. Il venait tous les matins, avec son âne que je m'amusais à renommer chaque jour, et m'amenait de quoi me nourrir, je le payais en échange et il repartait.

Au début.

Puis il commença à être de plus en plus intrigué par mes activités et restait souvent quelques minutes de plus à m'observer travailler en silence. Souvent, je travaillais le bois ou je peignais. La mer penserez-vous, évidemment. Mais non. Pas la mer. Jamais. La mer ne se peint pas, elle s'écoute. Peignez-vous une musique ? La mer est juste une mélodie entêtante, clapotis des vagues où chaque note résonne de surdité dans le vacarme de la vie.
Non la mer ne se peint pas, peut être qu'elle s'écoute oui mais surtout, la mer, elle se vit.

Bien sûr, la barrière de la langue nous empêchait de communiquer mais je me rendis compte qu'il y avait bien d'autres moyens de se faire comprendre, finalement. Pourtant ce jour là, je vis qu'il avait envie de la franchir et de me parler pour la première fois avec des mots. Bien sûr, je ne m'étais pas assez habitué avec la langue pour pouvoir comprendre sa question, il s'en rendit compte et prit le temps de répéter chaque mot plusieurs fois, d'utiliser ses mains, de faire des gestes amples, de rire un peu parce que finalement c'était un peu drôle comme situation et je réussis à distinguer ce qu'il voulait me demander. Il me raconta que les gens du village parlaient beaucoup sur moi et se posaient beaucoup de questions, et ils étaient surtout curieux de savoir pourquoi, un étranger -comme ils m'appelaient- comme moi, chaque soir, au coucher du soleil, allait jusqu'au bord de la falaise et criait, criait jusqu'à s'en déchirer les cordes vocales.

Jay me regardait en plissant ses yeux et attendait que je réponde. Je le fis s'asseoir sur une pierre non loin de là, m'assis dans l'herbe en face de lui et je lui ai tout raconté. Tout. Ma vie, mon voyage, ma difficulté à m'intégrer où que j'aille et la mer, surtout, je lui ai dit la mer. Avec des mots, des gestes peu importe, Jay n'avait qu'à regarder dans mes yeux et ça suffisait, il me comprenait.

Et quand il repartit ce soir là, il savait pourquoi quand il serait redescendu en bas de la falaise, le jeune inconnu du pays irait crier en haut de la falaise.

Et après ce jour, un lien s'était formé entre nous.

*

Je t'aime, tu sais.
Evi
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# Posté le samedi 26 mai 2007 08:49

Murmure moi. Mur Mur moi.

 Murmure moi. Mur Mur moi.
« Dit, un jour, tu me murmurera « Rette Mich », s'il te plait ? »
« Pourquoi ? »
« Parce que c'est une chanson qui représente l'espoir non ? »
« Ouais, mais nous, on a pu d'espoir... »
« On en a toujours tant qu'on est ensemble. »
« J'suis pas certain... »
« Moi si. »
« Alors je te murmurerais « Rette Mich », un jour. »

***

"La Fin ?"
"Ouais."
"Tout les deux ?"
"Ouais."
"Pour toujours ?"
"Ouais."
"Chouette."
Et ensemble ils regardèrent le monde s'écrouler sur eux, en se donnant la main. Et tout ça avait un goût d'éternité.

Lé.

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# Posté le mardi 24 avril 2007 06:14

Just because I'm bad. “This is how you remind me...”

 Just because I'm bad.  “This is how you remind me…”
- I think that you're so stupid !
Cause he had a girlfriend, and, and, and he's popular,
and you're not, and everybody love him and,
you don't have so much friends and, and,
and you're just so stupid, cause he don't care about you !!
- But, he's nice, and he writting beautiful things,
and, he loves rock, and, he's beautiful, and maybe,
we can be friends, one day...
- I know you don't only want be his friend !!
And, raaah you're so stupid !!
- I'm sorry...
- Don't apologize, you're just a stupid girl,
because you can't love him now... You can't love a different boy everyday !!
I know hat you need love because of thus beautiful lie that happened to you,
but I think you just can love him... please...
- I'm sor...ry...
- DON'T APOLOGIZE PLEASE IT'S STUPID !!
- Sorry... Up's !

How you remind me... How he remind me... That this song.


***

.......Juste parce que j'peux pas t'expliquer c'que ressent là, devant toi. Juste parce qu'une fois d'plus j'me comprends pas, et qu'une fois d'plus j'me hais, à jamais comprendre c'qui m'arrive, à être comme tout l'monde, à n'pas contrôler mes émotions, mes sentiments.
.......J'me supporte plus, Dylan et c'est aussi pour ça que j'suis là, devant toi, parce que j'supporte plus de devoir passer à côté de toi sans te regarder, dans pouvoir toucher ta main, parce qu'on est même pas des amis, on est des connaissances, on est rien toi et moi l'un pour l'autre, normalement, officiellement. Je sais qu'il y a Déborah et d'ailleurs, j'te demande pas de la laisser, j'te demande pas tout ça, je sais, ça serait stupide, tu l'aime, on se connaît à peine. Je voulais juste te dire que j'supporte plus de te croiser dans les couloirs, de te sourire, et que tout s'arrêtes là. Alors, j'ai une solution radicale : j'vais sauter d'un pont j'vois pas d'autre solution. Nan vraiment. Parce que j'peux pas changer de lycée, y'en a pas ailleurs, et puis, tu peux pas non plus. Et puis, je vais pas te demander de n'plus m'adresser la parole, parce que j'le supporterais pas, ça serait pire, te croiser sans même te sourire.
.......Tu sais, quand j'parlait de sauter d'un pont, j'déconnais, j'aurais jamais les tripes de faire un truc pareil, et les gens diraient que je suis stupide parce que je fait ça par prétendu amour alors que « j'aime » un nouveau mec tout les jours. Enfin il ne comprendraient pas que là, toi et moi, enfin, c'que j'ressent, c'est différent. Okay, je dis que c'est différent chaque fois,... okay, je suis ridicule et puérile, okay.
.......Mais s'il te plaît, juste une fois, si tu veux on se cache tu vois, mais j'aimerais vraiment, même si ça te dégoute parce que je suis pas jolie, parce que je suis grosse, parce que tout ça, s'il te plaît Dylan, embrasse moi juste une fois. Non. Pardon. Excuse moi. C'est stupide. Je vais m'en aller maintenant. Tout c'que j'viens de te dire ne changera rien, mais j'aurais tellement aimé pouvoir te le dire en face, et que cela fasse changer quelque chose entre nous. Positivement. Et c'est aussi pour ça que j'écris cette lettre que tu n'lira jamais. Parce que je sais que si j'avais un jour le courage de te balancer ça à la figure, j'pourrais plus jamais te croiser dans les couloirs sans pleurer et rougir stupidement, parce que je sais c'que tu m'aurais répondu. Alors, j'te donne pas ça. Je garde cette lettre que j'écris en écoutant c'que j'ai eu la bétise d'appeler notre chanson, je l'écoute en boucle. [...] Désolée encore une fois.
.......Au revoir Dylan. Je sais même pas pourquoi je marque ça, et pourquoi j't'ai appeler Dylan, ***. Mon Dieu, comme c'est bizarre. [...] De t'appeller Anthony, Toon...

« This is how you remind me, I be wrong, I'll be down. »

Léa.


Pix : by her.
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# Posté le dimanche 22 avril 2007 11:03

Modifié le samedi 26 mai 2007 08:53